Assez de pluie et de grisaille … j’ai pris une carte météo du Vietnam et cherché le soleil le plus proche. Si j’en crois la précision de la météo vietnamienne, qui est capable de synthétiser en un seule idéogramme le soleil, les nuages, la pluie et le vent, c’est à Mui Ne qu’il se trouve, le soleil. Alors, en route pour Mui Né !
Nous voici donc au sud du Vietnam, sur la côte est. En quelques minutes, nous avons troqué nos chaussures de marche et nos vestes de pluie contre tongs et maillots ! Allongée sur une plage de sable blanc déserte, j’essaie d’emmagasiner le maximum de vitamine B qu’il est humainement possible d’assimiler pendant que Fab se prend pour un dauphin dans les vagues turquoises. Après une après-midi à ce rythme, il faut bien avouer … que l’on recommencerait bien le lendemain ! Oui mais, pour ne pas se sentir trop coupable de ne rien faire, nous irons quand même voir les dunes de sable qui se sont formées à quelques dizaines de kilomètres des côtes, sorte d’étrangeté touristico-géologique qu’il se faut visiter aux aurores !


C’est donc à 4h30 que nous nous levons, nos esprits encore embrumés de cette nuit trop courte. La jeep de notre guide n’a pas de fenêtre et je frissonne tandis que la fraîcheur de la nuit vient chatouiller ma nuque. Dans l’aube bleutée, nous traversons les villages endormis sur une route de plus en plus chaotique qui se transforme en piste et se termine par un lac en crue … que notre chauffeur traverse, impassible. De l’autre côté de la rivière, les dunes, immobiles, que le vent vient caresser dans le silence du petit matin. Nous descendons de voiture, et après les explications laconiques du guide (« White Sand Dune – 30 minutes »), nous partons explorer les dunes. Mes premiers pas sont timides … C’est idiot, mais j’ose à peine fouler le sable encore vierge de toute traces. J’avance lentement, mon regard perdu dans les courbes parfaites façonnées par le vent. Peu à peu, le jour se lève. Une chape de nuages gris et bas envahit le ciel, la moiteur s’installe progressivement. La valse des touristes démarre et au loin, j’aperçois des futurs mariés en pleine séance photo, perdus au milieu des dunes dans leurs habits de noce.
De retour à notre jeep, et pour satisfaire notre appétit de touristes photographes, notre guide nous mène aux dunes rouges puis au village des pêcheurs, ponctuant le trajet d’explications toujours aussi brèves « Red Sand Dunes – 15 minutes » « Fishing Village – 15 minutes ». Dociles, nous nous laissons porter avec le sourire, même si une certaine frustration, celle de suivre le troupeau peut-être, nous envahit. Qu’importe, aujourd’hui c’est relâche. Et lorsque nous retournons à notre bungalow c’est pour attraper notre maillot et faire ce pourquoi nous sommes restés : s’allonger sur la plage sans scrupules, jouer avec les vagues et déguster des assiettes pleines de fruits exotiques !







































Le soir, à l’heure de manger, nous nous étions fait une raison. Le tourisme de masse dictant les lois dans la ville, nous pensions inutile de partir à la recherche d’un de ces troquets de fortune auxquels nous étions maintenant habitués. Franchissant la porte d’un restaurant, nous commandions le menu, mal à l’aise au milieu des touristes fortunés dans nos tenus de baroudeurs. Maladroits avec nos fourchettes, nous regrettions déjà le Pho, la soupe traditionnelle vietnamienne que l’on avait pour habitude de manger sur le trottoir. Aussi, une fois le repas terminé (entrée-plat-dessert!), nous sommes repartis, désespérés, à la recherche d’un de ces petits cafés improvisés que nous aimions tant. Et c’est au détour d’un sombre escalier que nous l’avons trouvé, ce petit estaminet qui servait la Lao Cai, la bière locale : le Corner de Brother Peter. Soulagés et ravis, nous nous installions et amorcions une conversation avec notre voisin vietnamien, Thien. Tandis que des enfants se pressaient dans l’unique pièce du café, celui-ci tentait de nous vendre une visite guidée des villages alentours. Un autre jeune, qui venait de commencer à apprendre le français, s’exerçait sur nous. Il y avait chez ces jeunes un tel enthousiasme et une telle envie d’apprendre, que c’en était contagieux ! Aussi, lorsque Thien nous demanda assistance pour la leçon d’anglais du soir qu’il donnait -exceptionnellement – aux enfants des ethnies environnantes, nous avons tout de suite accepté ! Le lendemain, à la même heure, je donnais la classe à une bonne dizaine d’enfants attentifs et amusés, un moment de bonheur et de partage que Fabrice observait, amusé lui aussi ! 






















